Des préavis courts ? Ce serait impayable !


La proposition des patrons réunis nous est vendue comme « bon marché » : elle le serait en effet ... pour eux. Mais qui paierait l'addition – et à combien s'élèvera-t-elle ?

Les travailleurs (tous : ceux qui seraient licenciés, et les autres) paieront l'addition trois fois

  • d'abord parce que la « prime de licenciement » réclamée par les patrons serait payée par la Sécu, comme l'actuelle prime de crise, qui est payée à 100% par l'ONEm dans presque tous les cas. Donc ce que les patrons ne paieraient pas en préavis, l'ensemble des travailleurs le paierait à travers nos cotisations à la Sécu.

  • ensuite parce qu'avec un préavis plus court, les travailleurs licenciés se retrouveraient plus rapidement à charge de l'ONEm ; actuellement, quand un employé est licencié, son revenu est assuré pour 3, 6, 9 ... mois ou davantage par l'entreprise qui a décidé ce licenciement. Demain, si l'on suit les patrons, il serait à charge du chômage après « quelques semaines » (voir site patronal)

  • enfin parce que, dès lors que l'effet de dissuasion du préavis serait radicalement diminué, il y aurait évidemment beaucoup plus de licenciements – c'est d'ailleurs le but proclamé des organisations patronales qui réclament « un nouveau droit de licenciement »


Les travailleurs ont tout à perdre à laisser à charge de la Sécu la facture des revendications patronales de « mini-préavis subventionné »: ils doivent savoir que l'argent de la Sécu, c'est leur argent : c'est eux qui, demain, pour leur pension, pour leurs allocations familiales, leurs soins de santé etc. auront besoin d'une Sécu robuste.


Ce que nous voulons, ce sont des préavis dont le coût (très relatif, puisque la majorité des préavis sont prestés !) repose sur l'entité qui prend la décision de licencier: l'entreprise. Tout changement aux règles qui occasionnerait un surcoût pour la Sécu devrait être compensé par des cotisations.