Un mini préavis ? Tous les travailleurs y perdraient !


Qui cherche à diviser les travailleurs dira : « la défense de bons préavis ne concerne que les employés. Les ouvriers ou les agents des services publics n'ont rien à perdre dans cette histoire! » La réalité – si nous ne nous battons pas pour empêcher cette très mauvaise idée – prouvera rapidement le contraire.


Pour les ouvriers, un compromis sur un préavis raccourci pour les employés signifie l'enterrement de leurs légitimes espoirs de se voir enfin reconnaître une protection correcte de leur emploi, telle que la CSC le demande (un mois par année d'ancienneté avec minimum de 3 mois). Si les employés voient leur préavis diminué, chacun sait que c'en est fini, pour de nombreuses années, de pouvoir espérer de meilleurs préavis pour tout le monde!


En particulier, dans de nombreux secteurs, les ouvriers ont déjà obtenu des préavis améliorés – et dans certains secteurs des préavis alignés sur ceux des employés : pour tous ceux là, un alignement vers le bas sera évidemment un recul – d'autant plus scandaleux que ce sont évidemment les ouvriers de ces secteurs qui ont négocié et obtenu ces avancées, bien souvent en « payant pour ».


Bien entendu, pour tous les employés, le mini-préavis subventionné serait une défaite majeure, une augmentation brutale de leur précarité. Des hypocrites tenteront de convaincre les employés qu'il y aurait moyen de n'appliquer ce mini préavis que pour les « futurs embauchés », sans toucher aux « droits acquis ». Comme si déjà maintenant, avec la mobilité professionnelle accrue, nous n'étions pas tous amenés à changer d'employeur plusieurs fois dans une carrière ! Une mobilité qui serait évidemment augmentée encore par des préavis réduits – surtout s'ils sont en partie payés par la Sécu.


Et les agents des services publics ? Doivent-ils rester « au balcon » ? Que du contraire : une proportion importante (parfois la majorité) des travailleurs de certains services publics sont des agents contractuels, soumis aux mêmes règles que les ouvriers et les employés du secteur privé. Mais surtout, qui peut douter qu'après avoir obtenu une éventuelle victoire sur l'enjeu essentiel des préavis employés, les apôtres de la précarité ne vont pas s'attaquer à ces autres soi-disant privilégiés que sont les agents des services publics, et leur appliquer la même recette d'harmonisation vers le bas ?


En outre, comme on l'a indiqué ici les travailleurs ont tout à perdre dans des mesures qui mettraient l'équilibre financier de la Sécu en péril.